« Genka kikaku » ou Target costing : le DTC inventé au Japon ?

Un travail de recherche de François MEYSSONNIER, Maître de Conférences en Contrôle de Gestion à l’ESM/IAE de Metz intitulé « Target costing un état de lart_Meyssonnier » m’a permis de découvrir une version Japonaise du Redesign-To-Cost : le « Genka kikaku » ou Target Costing.

Développée en ’65 chez Toyota (sic!) en intégrant des outils de l’analyse de la valeur à une pratique de gestion comptable, le Target Costing a été selon l’auteur très largement utilisé dans le secteur automobile Japonais jusque dans les années ’90. Cette démarche n’a pas été ‘importée’ du Japon ni aux USA ni en Europe, où se sont développées indépendamment d’autres démarches ‘Valeur’. Deux visions s’en seraient d’ailleurs développés au Japon : une méthode de calcul du coût au stade de conception, ou une approche globale de réduction du coût engagée dès la conception.

La démarche du Target Costing détaillée dans l’article est très proche de celle de la Conception à Coût Objectif plus connue chez nous : l’auteur souligne la filiation commune avec l’AV, le Value Engineering … et l’Activity Based Costing, développé ultérieurement.

L’article analyse aussi quelques points de difficultés dans le développement du Target Costing, à l’origine de son déclin au Japon (en particulier chez Nissan), qui ne sont pas sans rappeler certains débats relatifs à la mise en oeuvre de l’AV : l’affectation du coût des composants aux ‘attributs’ de valeur pour le client, le débat entre réduction du coût (pour tenir l’objectif) et enrichissement du produit (pour plaire au client), la répartition du coût des fonctions selon leur priorisation pour le client (les attributs importants peuvent coûter plus cher) … La principale faiblesse pointée pour la démarche est d’être focalisée sur le prix de production unitaire du produit, qui ne permet pas d’agir sur d’autres inducteurs de coûts majeurs, liés à d’autres étapes du cycle de vie du produit (la variante ‘target life  costing’ le permetttrait ?).

On pourra retenir de cet article une nouvelle preuve du foisonnement de démarches basées sur le concept de Valeur, et l’intérêt de les mettre en synergie pour pallier aux défauts originels ?

Et l’importance des échanges à tous niveaux et dans tous les secteurs : merci à Aude Cassen, stagiaire chez LowendalMasaï, à l’origine de cette contribution.

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