Plus de Valeur(s) par les bâtiments

bâtimentUne rencontre à la réunion sur l’économie circulaire organisée par l’ObsAR – Observatoire des Achats Responsables– est l’occasion de diffuser de nouveaux exemples d’application du raisonnement Valeur(s) au domaine de l’optimisation des bâtiments.

De nombreux professionnels sont impliqués dans la conception et l’achat de bâtiments et travaux publics : architectes, maîtres d’ouvrage, économistes du bâtiment … dont nous ne mettrons pas en doute les compétences professionnelles ! Pourtant, de nombreux exemples ont montré depuis des années l’intérêt d’appliquer aussi le raisonnement Valeur(s) en amont de ce type de projets.

Le document « Valeur(s) & bâtiment – juin 2015 » mis à votre disposition en illustre quelques applications :

  • Agrandissement d’une école
  • Optimisation du bâtiment d’une usine
  • Remplacement de bureaux « temporaires »
  • Le siège d’un journal
  • Accessibilité des Bâtiments de l’Etat

Détaillons ce dernier exemple :

Un responsable des services d’une collectivité, connaissant l’efficacité de la démarche Valeur, a fait appel à l’AFAV pour l’aider à écrire la note de guidage du programme de la mise en conformité des bâtiments de l’Etat pour l’accessibilité réglementaire. Le projet suppose a priori d’ajouter à chaque bâtiment une rampe d’accès pour handicapés et l’adaptation des escaliers et ascenseurs. Ceci pose en effet 2 problèmes :

  • l’impossibilité technique d’aménagement de certains bâtiments
  • les coûts importants envisagés

Appliquons le raisonnement Valeur(s) :

– A quoi ça sert ?

Le projet vise à « rendre accessibles à tous, en particulier les handicapés, les services de la collectivité ».

Pas de surprise à ce niveau. Mais on s’aperçoit que le projet n’a pas prévu d’analyser ce besoin plus précisément. Notre démarche nous y invite, et amène à lancer une analyse plus fine :

  • description des publics à recevoir :
    • nombre de bénéficiaires, dont porteurs de handicaps (pas seulement en fauteuils ?), proportion dans le public, difficultés d’accès spécifiques,
    • dont les personnes assistées au quotidien (pour lesquelles une personne peut les représenter) ou immobilisées (pour lesquelles l’accès n’est pas possible même avec aménagements)
  • description des services auxquels il faudrait accéder :
    • e.a. des services spécifiquement destinés aux handicapés (cibles prioritaires)
    • difficultés ressenties par les agents des collectivités face aux handicapés
    • fréquence, durée, ‘obligation’ des différents services, obligation de présence de la personne …

On comprend que cette analyse puisse mettre en évidence des oublis : les rampes prévues seront utiles aux personnes à mobilité réduite, mais quid des malvoyants, des malades alités …

Avant de prévoir des améliorations, la méthodologie Valeur(s) prévoit d’analyser comment les services sont déjà rendus avec les moyens actuellement en place. Un diagnostic doit donc être mené :

  • mise en évidence des services bien rendus et des écarts :
    • par type de service et de handicap,
    • % des populations bien couvertes,
    • objectif de couverture (par comparaison avec d’autres services hors collectivités, p. ex. téléphone mobile, internet, trains à l’heure, …)
    • % résiduels à améliorer, nombre de personnes concernées par jour & par an,

Note : cette étape permettra sans doute de mettre en évidence les services déjà bien rendus et relativiser ceux à améliorer, l’objectif 100% étant probablement utopique ?

  • définition des priorités / par type de bâtiment/type de public ou handicap/niveau de prestation : accès au bâtiment, accueil, sanitaires, services)
  • mettre en accord les parties prenantes sur les critères de hiérarchisation.

Note : la priorisation sera sans doute difficile car liée aux différents handicaps! Par contre, il y a probablement des services à rendre ‘obligatoires / préférables / souhaitables / si  possible’ ? Et des nombres de personnes et fréquences d’actes différents ?

Ce diagnostic devra être organisé par des séances de travails avec des administrés handicapés,  connaissant les bonnes expériences dans le public et d’autres domaines.

– Que suffit-il ?

Le projet prévoit a priori la mise en place de rampes d’accès aux bâtiments. Outre son coût très significatif, cette solution s’avère impossible à mettre en place dans certains bâtiments dont la géométrie de l’accès  n’est pas compatible. Le raisonnement Valeur(s) nous invite à une recherche de solutions radicalement innovantes à partir du vrai besoin, analysé ci-dessus.

Une exploration systèmatique fait découvrir de très nombreuses autres solutions possibles pour rendre le service :

  • permettre structurellement l’accès du handicapé au même service que les valides
    • infrastructure en dur / aménagement (la solution envisagée initialement)
    • assistance par personnel dédié (porteurs ?)
  • amener le service à un endroit accessible
    • dans le même bâtiment / dans un autre bâtiment accessible ou dédié
    • structurellement / sur demande ou rendez-vous
    • avec le même personnel administratif / personnel dédié (mieux formé)
  • permettre la représentation de la personne par une valide (en particulier pu les personnes assistées)
  • accès à distance
    • « livrable » à domicile (services via internet, dans la mesure ou la population-cible est connectée), bus itinérant, intervention d’une assistance à domicile…/
    • dans le bâtiment d’un autre service public (la Poste ? hôpital ? )  ou privé (action RSE des entreprises, associations …) déjà accessibles

Pour élargir cette recherche de solutions, on rechercher utilement des initiatives dans les pays émergents et les zones humanitaires, où l’ingéniosité est indispensable !

Avec les parties prenantes :

Nous avons déjà perçu que le besoin réel n’est pas « mettre en place des rampes d’accès », mais une réponse à des besoins différents : permettre à tous d’accéder aux services publics, malgré des difficultés différentes selon les handicaps, les services administratifs et les bâtiments ! Une solution identique s’avérera donc inefficiente …

Pour choisir les solutions pour chaque bâtiment, le projet devra prévoir de travailler AVEC les parties prenantes : handicapés, agents, services techniques … Si l’organisation en sera plus lourde, les moyens mis en oeuvre auront ainsi de bien meileures chances de répondre aux vbrais besoins, aux contraintes locales, et de mettre en oeuvre des solutions plus simples.

Conclusion :

Le projet ainsi revisité en amont devrait largement améliorer les services rendus tout en consommant moins de ressources.

Ah, si tous les projets publics pouvaient bénéficier de ce bon sens collectif !!!

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