« La transformation numérique change la nature de la firme » : vraiment ?

numériqueDans un article publié sur The ConversationMichel Nakhla du Centre de Gestion Scientifique de Mines ParisTech – PSL propose que « La transformation numérique change la nature de la firme » et interroge sur la fin de l’entreprise intégrée fondée sur la propriété ? Ainsi, « la valeur d’une entreprise n’est plus forcément liée à celle de ses actifs » et « l’accumulation de capital n’est plus forcément un avantage concurrentiel » …

La vision de l’entreprise obtenue par la ‘modélisation système’ (présentée dans « A quoi ça sert ?« ) et les travaux de André-Yves Portnoff sur la méthode 3V (présentés dans « Valeur(s) & Management« ) nous permettent un contrepoint : le but de l’entreprise est la création de valeur(s) pour chacune des parties prenantes : clients, fournisseurs, employés, actionnaires, environnement, société, territoire … Ceci par la transformation des flux -physiques, financiers, d’énergie, d’informations …- échangés avec les parties prenantes et traversant l’entreprise.

Certes le capital financier est indispensable aux entreprises qui doivent dépenser avant de vendre (pas toutes !) et son accumulation est utile d’une part à la survie de l’entreprise -pour croître et innover- et d’autre part à la création de valeur financière pour les actionnaires. Mais les entreprises n’ont-elles pas de tous temps aussi accumulé des capitaux physiques, technologiques, organisationnels, de compétences et connaissances, de relations …

Le numérique accélère évidemment les flux d’information et -bien organisé- l’accumulation d’informations pertinentes pour ces créations de valeur(s), donc de capitaux immatériels.

Les business models ‘numériques’ nouveaux sont basés sur l’exploitation d’un avantage concurrentiel de l’entreprise sur un ou plusieurs de ces axes : la connaissance des clients et de leurs demandes et envies -voire besoins-, la maîtrise d’une information sur l’offre de fournisseurs de biens ou services, L’élimination d’interfaces couteux, la multiplication quasi gratuite de produits/services dématérialisés …

La disparition du coût de transaction et la dématérialisation mènent Jeremy Rifkin à proposer l’émergence de la « société à coût marginal zéro » et du 3e mode de gouvernance théorisé par Elinor Ostrom : à côté de l’Etat (propriété collective) et de l’entreprise (propriété privée), le « management des communs« .

L’entreprise ne disparaîtra sans doute pas ? Ni le besoin de capital financier, au moins pour certaines. Ni certains de viser l’enrichissement … Mais d’autre modèles sont possibles, basés sur l’échange ‘gratuit’ d’informations et l’objectif d’accumuler d’autres formes de capital : de relations, d’emplois et de compétences, de bien-être !

La transformation numérique change l’équilibre des forces autour de la firme plutôt que sa nature ? Le raisonnement Valeur(s) et la modélisaion système permettent la prise de conscience que cette nature ‘interdépendante’ existe dans chacune !

Un commentaire


  1. Sans doute que les firmes dans l’ère du numérique ne conserveront pas leurs aspects traditionnels. Elles s’adapteront à la technologie et ses habitudes en seront affectées. Je pense que l’outil ne changera pas la nature d’une entreprise qui a de bonne base mais saura profiter des ses avantages pour s’améliorer tout en gardant l’essentiel comme sa culture.

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